Quelle est la place de la verticalité dans les médias ?

Nuit debout a toujours exprimé un soucis de résistance à la verticalité et à la récupération politique. Ce sont les promesses : horizontalité, diversité, accessibilité ; mais quels sont les actes ?
 
Matjules, un journaliste connu à Nuit debout pour sa grande liberté de ton et son esprit critique, prend chaque jour position contre la verticalité. Aujourd'hui, Matjules nous apporte son regard sur un média issu de Nuit debout : la Gazette debout. La critique qu'il en fait soulève un point marquant : une supposée « complicité » dans la verticalité.
 
 
La Gazette debout s'est beaucoup transformée récemment, on remarque notamment des articles comme Les Stars qui suivent Nuit debout sur twitterCe qu'Olivier Besancenot pense de Nuit debout ou encore Julien Bayou : « Grâce à Nuit Debout, nous ne voterons plus comme avant »  qui ont tendance à faire la distinction entre les intervenants, comme mettant en scène une certaine verticalité.
 

Découvrez plutôt la critique qu'en fait Matjules :

 
Tout ne se résume pas à Bayou partout à Debout, loin de là. Par contre son but est que le mouvement focalise vers son pouvoir évidemment, quant il s'agit de diriger de fait. Son clan et les sympathisants du parti (EELV) sont sous ce jeu et prisme électoral, a fortiori vertical : avec toute l'arrogance de spécialistes pressés d'écarter la plèbe du premier niveau de décision, en la reléguant au second bien sûr (alors que cela nous concerne en priorité, que cela détermine nos vies de merde, précaires à rallonge). Via l'alibi des fameuses "compétences" et du travail, diplômes, sérieux, professionnalisme, intelligence, engagements divers, squattant déjà des conseils d'administration et bureaux associatifs à la publicité normalisée. A se mettre en avant donc, en boss ou cadres de la société civile, multicartes, et non partager équitablement l'exposition média & tribunes par exemple. Des assistants et un public toujours là pour s'effacer ou complexer devant les rois de la pensée progressiste, apôtres du risque et de la précocité en politique, petits bourgeois haineux du bordel de la rue et jouant les révolutionnaires avec des formes calibrées, sans passer par l'usine ni la domestication plus de trois minutes, ce vécu popu' méprisé comme pris en pitié selon. Ces protégés qui pilotent les luttes, l'autorité en avant. A écarter sans cesse pour exister, quitte à tromper et se nourrir de mille contradictions. Un comportement manifeste et régulier, leur nature, opportuniste et arriviste. La loi du nombre pour rêver à ces palais législatifs, fierté nationale, challenge des meilleurs de la classe, en mode fermé derrière soi. En économistes, ils ont la monnaie comme principe fondateur, de quoi tout travestir, usuelle mythologie de l'#échange ou répartition, se servant du gratuit pour monter en des termes bien différents. Une élite autoconstituée, oeuvrant à leur parachèvement. Quand il ne reste plus que l'exposition et l'effort en prétextes habiles de sa sécheresse de coeur, de son suivisme par rapport aux règles fondamentales imposées
#GazetteDebout #BayouGate #BayouPartout

Voir l'article en question dans la Gazette debout

Voir l'article sur le facebook de Mouvement debout libre



Nous avons tenté de prendre contact avec la Gazette debout mais sans succès. Il faut savoir qu'il est extrêmement difficile de péréniser un média alternatif et que cela demande une grande attention. Innover chaque jour peut s'avérer difficile, et la tentation de recourir aux outils habituels tel que la starisation peuvent être un moyen de surmonter les difficultés. Construire un média alternatif, c'est un travail long et complexe. Et vous ? Huit mois après la naissance de Nuit debout, craignez-vous encore la verticalité ?
Alan Tréard