Le Sept janvier, les Syriens s'adressent au monde

Le sept janvier, des Syriens du monde entier organisent des rassemblements simultanés dans vingt capitales. Le message est clair : « Nous voulons une Syrie libre. » À Paris, le rendez-vous sera sur la place Saint-Michel à 15 heures. Fadwa Souleimane, une grande défenseuse des libertés et des droits, nous en dit plus sur le message qui sera porté :
 
Dès le début, le soulèvement du peuple syrien a menacé le capitalisme. Les syriens sont sortis pour demander la liberté, la dignité et la justice. C'était le message de la révolution. Ils ont menacé le capitalisme parce qu'il ont coupé le lien avec l'État, avec les banques, avec les organismes institutionnels. Ils ont construit leurs propres structures et leur organisation sociale pour s'établir en dehors de l'État, c'est ce qui était choquant pour le reste du monde. Nous, Syriens, sommes retournés à notre civilisation originale, et avons exprimé ce que nous voulions réellement : un État sans pouvoir. Autrement dit, les peuples doivent se diriger eux-mêmes de par leurs propres moyens.
 
Tout est fait pour nous tourmenter. Bachar el-Assad se comporte comme l'employé des puissances financières, il prétend donner des solutions à tout le monde. Dans le passé, les armées n'ont pas fait une seule guerre contre l'ennemi supposé de la Syrie, c'est-à-dire l’Israël, en revanche les munitions des armées ont été tournées contre le peuple. Les armées sont utilisées par les dictateurs pour asservir les peuples. En Syrie, les services de sécurité nous interdisaient de réfléchir, de nous exprimer, de bouger, de changer ; c'est ce qui nous a poussés à nous révolter.
 
Je ne trouve pas cela normal, la situation en Syrie est insoutenable. Nous devons parler des puissances alentours : la Russie, les Émirats arabes unis, l'Iran, les États-Unis ou la France qui ont joué leur rôle dans la guerre en Syrie. C'est une guerre mondiale qui se déroule aujourd'hui sur le sol Syrien. On a volé nos richesses. La mafia de Poutine fait cette guerre pour ses propres intérêts, elle souhaite faire passer le gaz en Syrie et au Qatar. La mafia Poutine n'aspire qu'à faire profiter ses intérêts, et il en est de même de la mafia el-Assad, et il en est de même des mafias locales, et il en est de même de la mafia mondiale. Nous aurions pu construire une civilisation comme nous aurions voulu, pas une civilisation de métal ni de violence. On nous a empêchés d'être libres. À cause de son attitude, l'ONU diffuse la guerre plutôt que de diffuser la paix.
 
J'ai véritablement le sentiment que ce qu'il se passe en Syrie ne sert qu'à faire la leçon du capitalisme. Ça me rend triste. Ce n'est pas seulement triste, c'est bien plus. J'ai le sentiment que nous sommes devant un monstre : le pouvoir, la violence, que les quelques chefs décident de qui va vivre ou qui va mourir. C'est indigne d'un peuple. Lorsque des richesses sont pillées, elles ne bénéficieront qu'à très peu de monde, qu'à quelques mafias qui menacent l'évolution de l'Homme sur Terre. Cela doit changer. Notre véritable rôle, c'est de porter l'évolution de l'Homme, c'est à cela que nous devons réfléchir. Le message qu'ils nous envoient, c'est que nous allons vivre une sombre époque dans la guerre et la violence.
 
Le sept janvier, les Syriens ont décidé de se mobiliser dans le monde pour faire revivre l'âme de la révolution. Les médias ont déformé notre message. On nous a interdit de dire que nous étions pacifistes, on nous a divisés, et l'ONU a encouragé cette division entre les Syriens. Nous voulons prendre position face aux médias et aux pouvoirs qui nous ont divisés, et qui ont ainsi créé la guerre civile.
 
Le sept janvier est un rassemblement mondial qui réunit vingt capitales de différents pays. C'est un rassemblement pour défendre encore une fois notre révolution, exposer notre vérité. Nous avons porté les branches d'oliviers et des fleurs, créé un système en dehors du capitalisme. Cette révolution, c'est une révolution de pensée, de vie, de joie et d'évolution.

Fadwa Souleimane

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