La Mondialisation est une punaise de lit !

La mondialisation s'est glissée sous ma porte fin novembre deux mille seize sous la forme d'une punaise de lit américaine. J'habite un petit immeuble de cinq étages et douze petits studios qui a été transformé par des acheteur très riches en chambres d'hôte clandestines, quelques locations à un prix vertigineux. Les touristes y montent et descendent leurs grosses valises tous les jours ; pourtant l'hygiène n'y est pas celle, obligatoire, d'un hôtel ; et le très riche syndicat de l'immeuble ne sait que m'accabler de charges énormes, pour un petit studio, qui correspondent à celles un château. Ainsi dans mon lit se sont installées des punaises de lit américaines, bien connues à Paris (New York est rempli de ces punaises...). Que faire ? Humiliée par cette arrogante mondialisation, je remarque qu'elles boivent mon sang, qu'elles se nourrissent de lui !

Je me mets à nettoyer, je passe l'aspirateur, je cherche et trouve les nids où s'installent les très petits insectes ; je les tue avec un torchon ou les écrase entre mes doigts. Mon sang m'apparaît très rouge ! Ces punaises font des taches sur les draps et quand je me mets à laver, elles ne partent pas, tellement mon sang est incrusté. Il me faut frotter une demi-heure avec le savon de Marseille pour que la tache, faite de mon sang, ne parte !

Pendant ce temps, Emmanuel Macron conseille à la jeunesse dorée de devenir millionnaire. Il ment ! Il ne pourra évidemment pas arrêter les « punaises » mondialisées qui passeront sous sa porte...

Je suis allée chercher du spray pour désinfecter mon lit et je suis tombée sur un liquide si nocif que, l'utiliser, c'est me transformer en un être malade de plusieurs maladies incurables. L'industrie chimique, en combine avec la médecine, s'en frotte les mains : si on n'est pas chimiste, comme moi, on ne peut pas résister à la belle présentation sur l'étiquette du produit, c'est l'image de sa propre mort au profit de la mondialisation-punaise.

Arrivée au magasin, la gentille vendeuse m'explique qu'il est très difficile de se débarrasser des punaises de lit américaines : il faut passer l'aspirateur, laver les draps et continuer l'effort à l'infini. Je sais qu'elle a compris la nocivité de la mondialisation-punaise et que les produits qu'on nous propose sont fabriqués pour nous tuer et, par la même occasion, pour enrichir la mondialisation... mais ne sont pas faits pour tuer les punaises de lit américaines ! De retour chez moi, je me décide et soulève la grille en bois de mon lit ; punaises de lit américaine qui ont bien bu mon sang. Alors stupéfaite, je vois une petite colonie de trois, quatre punaises bien grosses sur les courroies de mon lit ; j'attrape chaque punaise avec mes doigts, j'étale mon sang sur mes mains.

Mon propre sang bien rouge.

Je comprends en un instant comment les New Yorkais nous apportent leurs punaises de lit : par les courroies de leurs valises ! La courroie blanche de mon lit danois de la boutique danoise à Paris, acheté il y a quarante ans, est tachée de mon sang. Quand j'ai acheté ce lit, j'étais accompagnée par un vieux monsieur ; il voulait à tout prix que j'achète ce lit où il y avait cette grille qui soulève une partie comme à l'hôpital !
 « Mais pourquoi faut-il que j'achète un lit pareil ? dis-je au vieux vendeur. Il est solide, c'est vrai, mais je n'ai pas besoin de soulever mon matelas !
Un jour quand tu seras vieille, ce lit te sera bien utile ! affirma-t-il.
Ah ! Bon ? Moi, vieille ? »
 Mais je me tus : je ne pouvais pas lui dire que je ne vieillirais jamais ! À quoi bon vieillir ? Lui, il avait vieilli, mais il faisait des choses utiles ; moi, je n'avais aucune idée de ce que je ferais plus tard. Comment aurait-il pu s'imaginer que les courroies de mon lit seraient tachées de mon sang par la mondialisation en forme de punaises de lit américaines ?

Et pendant ce temps la mondialisation tue dans des guerres « utiles » pour la vente d'armes, et des guerres « utilisées » pour le vol des matières premières aux peuples ; ce sont des guerres qui tuent des milliers de gens dont le sang est pareil au mien.

Je souhaite de tout mon cœur que la mondialisation en forme de punaises de lit américaines s'installe dans les lits de tous ces idiots qui veulent être présidents de la République française, plus encore quand ils se mettent à nous mentir sur comment ils réussiront à gérer la fin du capitalisme, appelé libéralisme, cette dictature tueuse qu'ils nomment aujourd'hui « mondialisation. » Allez, mes chères punaises de lit américaines, bouffez-les au lieu de nous humilier ! Qu'ils rencontrent leur propre sang dans leur propre lit !

C'était La Mondialisation est une punaise de lit !

Le dix décembre deux mille seize,

Depuis Paris.

Maria Koleva


Maria Koleva nous invite à lancer une grève de la consommation ; c'est, selon elle, l'unique moyen de mettre un terme à tous nos problèmes.

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