L'état d'urgence de long en large

Sous l'état d'urgence, il est plus important d'assigner à résidence un manifestant ou un militant en agissant comme s'il y avait là un bandit. Les forces de l'ordre n'hésiteront pas à défoncer la porte d'entrée d'une habitation et à pénètrer ainsi dans l'intimité d'un lieu et d'une vie sous prétexte de rechercher celui accusé de vandalisme. L'état d'urgence incite à fouiller chez vous et moi. Et ceci, bien sûr, sans mandat de perquisition (la loi obligeant cela étant mise en sommeil). La peur soudainement change de camp... Mais de quel camp ?

L'abus et la perte de temps à chasser les manifestants et les militants nous amènent à questionner la pertinence des méthodes employées, dites « modernes. » Nous qui imaginons un nouveau modèle, nous nous questionnons sur la qualité qu'aurait notre société à progresser dans ce sens. Quels bénéfices tirer de cette situation ? Qu'est-ce que cela révèle de nous-mêmes ? Qui que nous soyons, terroristes, prêcheurs de bonne parole, policiers, voire même gauchistes, qu'est-ce que cela nous apporte ? Ce changement de mode de vie nous trouble.

Attention si vous souhaitez vous promener avec un sac rempli de babioles, de produits esthétiques, ou si vous êtes habillé de manière inhabituelle, attendez-vous à être contrôlé dans les lieux publics, tout simplement parce qu'on vous soupçonnera de terrorisme. N'ayez pas l'air « un peu différent » car cela pourrait vous coûter cher. Pour échapper à cette épée de Damoclès, veuillez vous référer aux affiches publicitaires disposées près de chez vous pour votre confort. L'état d'urgence oblige à se camoufler, à anticiper les regards, à être vigilant. Observez et soyez prudent...

Écriture à quatre mains, Nirvãna Vidyã et Alan Tréard